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Journée mondiale de l’ostéoporose : comprendre, prévenir et protéger ses os à tout âge

il y a 1 jour
8 min de lecture

Chaque 20 octobre, la Journée mondiale de l’ostéoporose rappelle l’importance de préserver notre capital osseux. Souvent silencieuse pendant de nombreuses années, cette maladie fragilise les os et peut provoquer des fractures aux conséquences parfois lourdes sur l’autonomie et la qualité de vie. Pourtant, des mesures de prévention, un dépistage adapté et une prise en charge médicale précoce permettent de réduire le risque de fracture.

À l’occasion de cette journée de sensibilisation, le CHU d’Amiens fait le point sur l’ostéoporose : ses causes, ses conséquences et les moyens de la prévenir.


La Journée mondiale de l’ostéoporose : un rendez-vous essentiel pour la santé osseuse

Organisée chaque année le 20 octobre, la Journée mondiale de l’ostéoporose est portée à l’échelle internationale par l’International Osteoporosis Foundation. Elle vise à mieux faire connaître cette maladie, à encourager son dépistage et à promouvoir les moyens de prévenir les fractures dites de fragilité.

Le message est essentiel : prendre soin de ses os ne commence pas à la retraite. Le capital osseux se construit dès l’enfance, se consolide pendant l’adolescence et le début de l’âge adulte, puis évolue tout au long de la vie.

L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la nécessité de construire, protéger et renforcer ses os à chaque étape de la vie.

Retour sur la journée de prévention de l’ostéoporose au CHU Amiens-Picardie

À l’occasion de la Journée mondiale de l’ostéoporose, le service de Rhumatologie du CHU Amiens-Picardie a organisé, le mardi 20 octobre 2026, une journée gratuite d’information, de prévention et de dépistage ouverte à tous. Cette initiative avait pour objectif de sensibiliser le public aux risques liés à cette maladie silencieuse et de rappeler l’importance d’agir tôt pour préserver la santé osseuse.

Les visiteurs ont ainsi pu s’informer sur les facteurs de risque de l’ostéoporose, échanger avec des professionnels de santé et découvrir les moyens de prévention permettant de limiter le risque de fractures. Des actions de sensibilisation et des possibilités de dépistage étaient également proposées selon les modalités organisées sur place.

À travers cette mobilisation, le service de Rhumatologie a contribué à rappeler un message essentiel : mieux connaître l’ostéoporose et identifier ses facteurs de risque suffisamment tôt permet de mieux protéger son capital osseux et de préserver son autonomie.

Affiche de la Journée mondiale de l’ostéoporose organisée par le service de Rhumatologie du CHU Amiens-Picardie, le 20 octobre 2026.
Affiche de la Journée mondiale de l’ostéoporose organisée par le service de Rhumatologie du CHU Amiens-Picardie, le 20 octobre 2026.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution de la densité minérale osseuse et une altération de la structure interne des os. Ceux-ci deviennent progressivement plus fragiles et résistent moins bien aux contraintes mécaniques.

Contrairement à une idée reçue, l’os n’est pas un tissu inerte : il se renouvelle constamment grâce à un processus naturel de destruction et de reconstruction. L’ostéoporose apparaît lorsque cet équilibre est perturbé, notamment lorsque la résorption osseuse devient supérieure à la formation de nouvel os.

Cette maladie est souvent qualifiée de « silencieuse », car elle ne provoque généralement aucun symptôme au début. Il est donc possible de perdre progressivement de la solidité osseuse sans ressentir de douleur ni constater de changement particulier.

La première manifestation peut être une fracture survenant après un choc minime, parfois même après une simple chute de sa hauteur.

Les différents stades de l’ostéoporose : comprendre l’évolution de la maladie
Les différents stades de l’ostéoporose : comprendre l’évolution de la maladie

Quelles sont les causes et les facteurs de risque de l’ostéoporose ?

L’ostéoporose résulte généralement de plusieurs facteurs associés.

L’âge et les changements hormonaux

Avec l’âge, le renouvellement osseux évolue et la masse osseuse tend à diminuer. Chez la femme, la baisse des œstrogènes au moment de la ménopause accélère souvent cette perte osseuse. Les hommes peuvent également développer une ostéoporose, notamment en avançant en âge.

Les facteurs familiaux et personnels

Certains éléments augmentent le risque de développer la maladie :

  • Des antécédents familiaux d’ostéoporose ou de fracture de la hanche.

  • Un antécédent personnel de fracture après un traumatisme léger.

  • Un poids insuffisant ou une maigreur importante.

  • Une ménopause précoce.

  • Certaines maladies endocriniennes, digestives ou inflammatoires chroniques.

  • Une immobilisation prolongée ou une activité physique insuffisante.

L’alimentation, les habitudes de vie et certains médicaments

Des apports insuffisants en calcium, une carence en vitamine D, le tabagisme et une consommation excessive d’alcool peuvent également fragiliser les os.

Certains traitements, notamment les corticoïdes pris de manière prolongée, peuvent favoriser une perte osseuse. Il est donc important de signaler à son médecin ses traitements habituels et ses antécédents médicaux.

Identifier ces facteurs de risque permet d'agir avant qu'une fracture ne survienne.


Quelles sont les conséquences de l’ostéoporose ?

La principale complication de l’ostéoporose est la fracture de fragilité. Elle peut survenir lors d’une chute banale ou d’un traumatisme qui ne provoquerait habituellement pas de fracture chez une personne dont les os sont solides.

Les fractures les plus fréquentes concernent :

  • Les vertèbres, avec des tassements vertébraux pouvant entraîner des douleurs dorsales, une diminution de la taille et une modification de la posture.

  • Le col du fémur et la hanche, dont les fractures peuvent nécessiter une intervention chirurgicale et une rééducation importante.

  • Le poignet, souvent touché lors d’une chute sur la main.

  • D’autres os, notamment l’humérus et certaines parties du bassin.

Au-delà de la douleur physique, une fracture peut entraîner une perte d’autonomie, une limitation des déplacements, une peur de tomber et un isolement progressif.

Une première fracture de fragilité doit toujours alerter : elle peut révéler une ostéoporose jusque-là méconnue et signale un risque accru de nouvelles fractures.


Comment prévenir l’ostéoporose au quotidien ?

La prévention repose sur plusieurs habitudes complémentaires. Elle est utile à tout âge, même si les mesures à privilégier varient selon les besoins et les facteurs de risque de chacun.

1. Adopter une alimentation favorable aux os

Le calcium contribue à la solidité du squelette. On le trouve notamment dans les produits laitiers, certaines eaux minérales riches en calcium, les légumes verts et certains aliments enrichis.

La vitamine D favorise l’absorption du calcium. Elle est produite par la peau sous l’effet des rayons du soleil et se trouve également dans certains aliments, notamment les poissons gras et les œufs.

Les protéines sont elles aussi importantes pour préserver les muscles et participer au maintien de la structure osseuse.

Une alimentation variée et équilibrée permet généralement de couvrir une grande partie des besoins. Une supplémentation en calcium ou en vitamine D peut être nécessaire dans certaines situations, mais elle doit être adaptée aux besoins individuels et aux conseils du professionnel de santé.

Alimentation et ostéoporose : les aliments pour renforcer les os
Alimentation et ostéoporose : les aliments pour renforcer les os

2. Pratiquer une activité physique régulière

Les os et les muscles ont besoin de mouvement pour rester solides et fonctionnels.

La marche, les exercices en charge, le renforcement musculaire et les activités travaillant l’équilibre contribuent à préserver la santé osseuse et à réduire le risque de chute.

Il est conseillé de choisir une activité adaptée à son âge, à sa condition physique et à ses éventuelles maladies. En cas d’ostéoporose connue ou de fracture antérieure, un professionnel de santé pourra recommander des exercices appropriés et préciser les mouvements à éviter.

Routine pour renforcer les os : exercices et activité physique pour prévenir l’ostéoporose
Routine pour renforcer les os : exercices et activité physique pour prévenir l’ostéoporose

3. Éviter le tabac et limiter l’alcool

Le tabagisme est associé à une moins bonne santé osseuse. Une consommation excessive d’alcool peut également fragiliser les os et augmenter le risque de chute.

Réduire ces facteurs de risque participe à la protection du capital osseux.

4. Préserver un poids adapté

Une maigreur importante est un facteur de risque d’ostéoporose. Une alimentation suffisante et équilibrée, associée au maintien de la masse musculaire, contribue à protéger les os et à conserver une bonne autonomie.


Comment détecter l’ostéoporose avant la première fracture ?

La prévention passe aussi par l’identification précoce des personnes à risque.

L’ostéodensitométrie est un examen de référence qui mesure la densité minérale osseuse, notamment au niveau de la colonne lombaire et de la hanche. Elle est réalisée sur prescription médicale lorsque les facteurs de risque le justifient.

Le médecin prend également en compte l’âge, les antécédents de fracture, les traitements en cours, les antécédents familiaux et les éventuelles maladies associées. Selon la situation, il peut proposer des examens complémentaires pour rechercher une cause secondaire à la fragilité osseuse.

Il n’est pas nécessaire d’attendre une fracture pour consulter. Une ménopause précoce, une corticothérapie prolongée, une fracture après une chute banale ou des antécédents familiaux peuvent justifier une évaluation médicale.


Prévenir au plus vite les fractures ostéoporotiques : les bons réflexes

Lorsqu’une ostéoporose est diagnostiquée, l’objectif est de réduire le risque de première fracture, mais aussi d’éviter les fractures suivantes.

Évaluer rapidement le risque de fracture

Le médecin peut estimer le risque fracturaire à partir des antécédents, des facteurs de risque, de l’ostéodensitométrie et, si nécessaire, d’outils d’évaluation comme FRAX.

Sécuriser son environnement

Quelques adaptations simples peuvent limiter les chutes :

  • Retirer les tapis glissants et dégager les zones de passage.

  • Améliorer l’éclairage, notamment la nuit.

  • Installer des barres d’appui si nécessaire.

  • Porter des chaussures adaptées.

  • Faire vérifier sa vision et réévaluer les médicaments susceptibles de favoriser les chutes lorsque cela est indiqué.

Ne pas négliger une fracture après 50 ans

Une fracture provoquée par une chute de sa propre hauteur ou un traumatisme léger doit conduire à rechercher une éventuelle fragilité osseuse.

Après une première fracture, il est important de bénéficier rapidement d’une évaluation et, si nécessaire, d’un traitement adapté. Le risque de nouvelle fracture est particulièrement préoccupant dans les mois et les années qui suivent.

Une douleur dorsale brutale ou persistante, une perte de taille inexpliquée ou une déformation progressive du dos doivent également conduire à consulter.

Suivre le traitement prescrit

Lorsque le risque de fracture est élevé, des médicaments spécifiques peuvent être indiqués. Selon la situation, ils agissent en ralentissant la perte osseuse ou en stimulant la formation de l’os.

Le choix du traitement dépend notamment de l’âge, des antécédents, du risque fracturaire et des éventuelles contre-indications. Un suivi médical régulier permet d'en vérifier la tolérance et l’efficacité.

Les mesures alimentaires, l’activité physique et la prévention des chutes restent indispensables, mais elles ne remplacent pas un traitement médicamenteux lorsqu’il est nécessaire.


Quelle place pour la médecine traditionnelle chinoise et l’acupuncture ?

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) propose une approche globale de la personne, qui s’intéresse notamment à l’équilibre fonctionnel, à la mobilité, à la douleur et au bien-être.

Dans ce cadre, l’acupuncture peut être envisagée comme une approche complémentaire chez certains patients, en particulier lorsqu’ils présentent des douleurs musculosquelettiques ou des difficultés fonctionnelles associées.

Ce que l’acupuncture peut apporter

Certaines études évaluent l’acupuncture et les techniques apparentées chez des personnes atteintes d’ostéoporose, notamment après la ménopause. Des résultats préliminaires suggèrent des effets possibles sur certains indicateurs, comme la douleur ou la densité minérale osseuse, lorsqu’elles sont associées aux traitements conventionnels.

Cependant, les études disponibles présentent des limites méthodologiques et les résultats doivent être interprétés avec prudence. Des recherches de meilleure qualité sont nécessaires pour déterminer précisément l’ampleur et la fiabilité de ces effets.

Une approche complémentaire, jamais un remplacement du traitement médical

Lorsqu’elle est envisagée, l’acupuncture doit s’inscrire dans une prise en charge coordonnée avec les professionnels de santé.

Elle ne remplace ni l’évaluation du risque fracturaire, ni l’ostéodensitométrie lorsqu’elle est indiquée, ni les traitements spécifiques de l’ostéoporose.

Chez les personnes présentant une fragilité osseuse importante, les techniques utilisées doivent être adaptées. Les manipulations vigoureuses et les pressions importantes sur une colonne vertébrale fragilisée doivent notamment être évitées.

L’objectif est de privilégier une approche individualisée, prudente et complémentaire, en tenant compte de la situation médicale de chaque patient.


En pratique : quand faut-il en parler à son médecin ?

Demandez conseil à un professionnel de santé si vous présentez l’une des situations suivantes :

  • Vous avez eu une fracture après une chute banale ou un choc léger.

  • Vous êtes ménopausée et présentez d’autres facteurs de risque.

  • Vous prenez des corticoïdes au long cours.

  • Vous avez perdu de la taille ou souffrez de douleurs dorsales inhabituelles.

  • Vous avez un antécédent familial de fracture de la hanche ou une maladie susceptible de fragiliser les os.

En cas de douleur intense après une chute, d’impossibilité de prendre appui sur une jambe ou de suspicion de fracture, une évaluation médicale urgente est nécessaire.

Retour en images sur la Journée mondiale de l’ostéoporose organisée par le service de Rhumatologie du CHU Amiens-Picardie, le 20 octobre 2026.

 
 
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