Acupuncture, douleur et rhumatologie au cœur des Rencontres Franco-Belges 2026 à Amiens
Les 17 et 18 septembre 2026, Amiens accueillera la deuxième édition des Rencontres Franco-Belges : « Partage d’expérience – Focus Os & Inflammation », une réunion scientifique consacrée aux échanges d'expériences et aux projets menés dans le domaine de la rhumatologie.
Pendant deux jours, spécialistes français et belges se retrouveront autour de différentes thématiques : pathologies inflammatoires, ostéoporose, chirurgie du rachis, projets de recherche, cas cliniques mais également prise en charge de la douleur.
Parmi les expériences présentées par l'équipe du CHU Amiens-Picardie figurera celle de l'intégration de l'acupuncture au sein du service de rhumatologie, avec une intervention du Dr Tâm Nhan, médecin généraliste et acupuncteur au CHU d'Amiens, intitulée :
« Prise en charge de la douleur : exemple amiénois de l’acupuncture en rhumatologie ».
Une occasion de présenter l'activité développée à Amiens, mais également d'aborder plus largement les apports de l'acupuncture dans la prise en charge de certaines douleurs rencontrées en rhumatologie.

Acupuncture et rhumatologie : une expérience développée au CHU d’Amiens
L'acupuncture est une discipline thérapeutique issue de la médecine traditionnelle chinoise (MTC). Elle consiste notamment à insérer de fines aiguilles sur des zones cutanées spécifiques, appelées points d'acupuncture.
Dans le cadre médical, elle peut être utilisée comme approche non médicamenteuse complémentaire, notamment dans la prise en charge de certaines douleurs.
Au CHU Amiens-Picardie, une vacation d'acupuncture a été intégrée au secteur de consultation du service de rhumatologie.
Les consultations ont lieu un mardi sur deux, de 9 h à 12 h, dans une salle de consultation dédiée. Les patients sont adressés par des rhumatologues hospitaliers ou libéraux, avec un courrier précisant leur parcours, les objectifs et les attentes de la prise en charge.
Chaque patient bénéficie généralement d'un maximum de trois consultations par an, sauf situation particulière. Cette organisation vise notamment à permettre l'admission régulière de nouveaux patients et à limiter l'engorgement de la consultation.
L'acupuncture s'intègre ainsi au parcours de soins rhumatologique existant, en complément des prises en charge proposées par les médecins qui suivent le patient.
Quels types de douleurs sont rencontrés en consultation ?
L'expérience menée au CHU d'Amiens permet également d'observer concrètement les différents motifs pour lesquels les patients sont adressés en consultation d'acupuncture.
Parmi ceux recensés figurent notamment :
les cervicalgies, parfois associées à des céphalées ;
les lombalgies chroniques ;
les rachialgies et dorsalgies ;
les douleurs de la ceinture scapulaire et pelvienne ;
les gonalgies, c'est-à-dire les douleurs du genou ;
les douleurs des membres inférieurs ;
la fibromyalgie ;
certaines douleurs rencontrées dans le cadre de pathologies rhumatologiques comme la spondylarthrite ankylosante.
La consultation peut donc concerner différentes localisations du système musculosquelettique, avec une place importante accordée aux douleurs rachidiennes et articulaires.
99 patients pris en soin en neuf mois au CHU d'Amiens
La présentation réalisée à l'occasion des Rencontres Franco-Belges permettra également de dresser un premier bilan de l'activité amiénoise.
Sur une période de neuf mois, d'octobre 2025 à juin 2026, 99 patients ont été pris en soin dans le cadre de cette activité.
La dynamique de recrutement de nouveaux patients est restée constante, avec 65 % de nouveaux patients, tandis que seulement deux rendez-vous n'ont pas été honorés sur la période étudiée.
Ces données permettent avant tout de documenter le fonctionnement et l'activité de cette consultation hospitalière et seront présentées dans le cadre du partage d'expérience entre les équipes françaises et belges.
Comment évaluer l'évolution d'un patient après les séances ?
La prise en charge ne consiste pas uniquement à réaliser une séance d'acupuncture. L'évolution des symptômes et du quotidien du patient fait également partie des éléments observés.
Plusieurs critères sont pris en compte dans l'évaluation ou l'autoévaluation de l'efficacité des séances :
diminution de la fréquence ou de l'intensité des symptômes ;
disparition du caractère permanent de certains symptômes ;
augmentation de l'intervalle sans douleur entre les crises ;
diminution de la prise d'antalgiques ou d'autres traitements symptomatiques ;
amélioration de la qualité de vie, notamment du sommeil et des activités quotidiennes ;
restauration de la motivation et de l'autonomie.
Cette approche permet ainsi de ne pas considérer uniquement l'intensité de la douleur, mais également son retentissement sur la vie quotidienne du patient.
Comment l'acupuncture peut-elle agir sur la douleur ?
La présentation du Dr Tâm Nhan accorde une place importante aux mécanismes neurobiologiques susceptibles de participer à l'effet antalgique de l'acupuncture.
La douleur n'est en effet pas un phénomène uniquement local. Elle implique différents mécanismes nerveux, de la zone douloureuse jusqu'à la moelle épinière et au cerveau.
Deux niveaux d'analgésie sont notamment abordés : l'analgésie segmentaire et l'analgésie supraspinale.
Une action sur la transmission du message douloureux
Au niveau segmentaire, la stimulation produite par l'acupuncture peut activer certains mécanismes inhibiteurs au niveau de la moelle épinière.
La présentation s'appuie notamment sur le principe du « gate control », ou contrôle de la transmission douloureuse. La stimulation de certaines fibres nerveuses peut participer à l'activation d'interneurones inhibiteurs dans la corne dorsale de la moelle épinière et ainsi moduler la transmission des informations nociceptives.
Cette action permet également d'expliquer l'intérêt porté aux muscles entourant une articulation douloureuse : une diminution du tonus musculaire excessif peut contribuer à améliorer la mobilité et à soulager certaines douleurs.
Une action qui implique également le cerveau
L'acupuncture est également étudiée pour ses effets sur les systèmes centraux de modulation de la douleur.
La stimulation acupuncturale peut notamment être associée à la libération de neuromodulateurs, parmi lesquels des peptides opioïdes endogènes tels que les bêta-endorphines et les enképhalines.
D'autres systèmes de neurotransmission, impliquant notamment la sérotonine et la noradrénaline, participent aux mécanismes descendants de contrôle de la douleur.
Ces mécanismes permettent de comprendre pourquoi l'étude de l'acupuncture dépasse aujourd'hui la seule notion de point local : les recherches portent également sur la manière dont une stimulation périphérique peut influencer les systèmes neurologiques participant à la perception et à la modulation de la douleur.
Douleur chronique : prendre aussi en compte ses différentes dimensions
La douleur est une expérience complexe qui ne se résume pas à un signal physique.
La présentation distingue notamment une composante sensorielle, correspondant à la localisation, la nature ou encore la durée de la douleur, et une composante affective, liée à son retentissement émotionnel.
Cette distinction est particulièrement intéressante dans le contexte des douleurs chroniques, qui peuvent avoir des conséquences sur le sommeil, le stress, l'activité physique ou encore la qualité de vie.
L'acupuncture est ainsi étudiée non seulement pour son action antalgique, mais également pour ses interactions avec différents mécanismes neurophysiologiques participant à l'expérience globale de la douleur.
Une approche complémentaire qui ne remplace pas la prise en charge rhumatologique
L'intégration de l'acupuncture au sein d'un service hospitalier permet également de rappeler un principe essentiel : l'acupuncture ne remplace ni le diagnostic médical ni les traitements nécessaires à la pathologie du patient.
Elle intervient dans une logique complémentaire et nécessite une évaluation médicale préalable.
Certaines situations imposent par ailleurs des précautions particulières. La présentation rappelle notamment l'importance d'exclure une pathologie grave nécessitant une prise en charge spécifique lorsqu'un patient ne dispose pas encore d'un diagnostic précis.
La sécurité de la pratique repose également sur des règles d'hygiène strictes, l'utilisation d'aiguilles stériles et jetables ainsi que l'information du patient sur les bénéfices attendus, les risques connus et les autres traitements disponibles.
Une rencontre scientifique pour partager les pratiques en rhumatologie
Au-delà de l'acupuncture, cette deuxième édition des Rencontres Franco-Belges réunira plusieurs spécialistes du CHU Amiens-Picardie et de l'Hôpital universitaire de Bruxelles.
Les équipes présenteront leurs travaux et expériences autour de différentes problématiques : chirurgie du rachis, parcours ostéoporose, spondyloarthrite axiale, rhumatisme psoriasique, polyarthrite rhumatoïde ou encore prise en charge de la douleur.
Un atelier pratique organisé dans le service de rhumatologie du CHU d'Amiens ainsi qu'une session de cas cliniques interactifs viendront compléter ces échanges.
La présentation de l'expérience amiénoise de l'acupuncture s'inscrit pleinement dans cette démarche : partager une pratique clinique intégrée à un service de rhumatologie et alimenter les échanges entre professionnels sur la prise en charge complémentaire de la douleur.
Rencontres Franco-Belges – 2e édition« Partage d’expérience – Focus Os & Inflammation »17 et 18 septembre 2026 – Amiens



